Une vie de Lyon à St-Germain-en-Laye

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Enfants

1945

Mon école primaire s’est essentiellement passée dans notre

appartement de Villeurbanne sous la houlette sévère et incompétente de notre mère. Nous étions, ma soeur et moi, inscrites à un cours privé où nous allions deux fois par semaine, notre mère se chargeait de nous faire faire nos devoirs. Elle assistait avec d’autres mères aux cours! J’ai appris plus tard que Simone de Beauvoir avait eu la même scolarité au Cours Désir ( cela ne s’invente pas )! J’étais une élève nulle de chez nul. Ma soeur a aussi gardé un mauvais souvenir de cette forme d’enseignement mais elle travaillait beaucoup mieux que moi. J’en profite pour dire que, pendant cette période, ma grande soeur était mon seul recours, la seule en qui je pouvais avoir confiance, je savais qu’elle ne me trahirait jamais contrairement à notre père qui était totalement sous la coupe de son épouse.

Cet enseignement se résumait essentiellement à des exercices de grammaire et des opérations. Ah ces tables de multiplication! Je les chantais pour m’en souvenir…Je savais toujours la musique mais ..les paroles…Je rédigeais de jolies rédactions, bourrées de fautes d’orthographe ce qui me condamnait à des notes négatives. 50 ans après, ma mère s’étonnait encore que je puisse être professeur de français dans une Ecole Normale! “ Dire que tu enseignes à de futurs institutrices…Qui aurait pu prévoir cela quand tu avais 7 ans! “

Ce miracle avait une explication: quand je suis arrivée tant bien que mal  à la fin du primaire, une amie de mes parents leur indiqua un pensionnat pour jeunes filles de bonne famille situé à 10Km de Lyon. On y apprenait les bonnes manières, le latin, l’expression écrite, les opérations, l’anglais et surtout, ce qui était déjà rare à l’époque, l’italien. Ce fut le coup de foudre pour cette langue que nous apprenait une charmante religieuse qui avait été au Vatican pour sa formation religieuse. Je lui rend hommage, la langue italienne m’a donné mes premières bonnes notes ( en italien tout ce qui s’entend s’écrit et vice-versa ), permis d’avoir le CAPES et  d’être accompagnatrice Arts et Vie en Italie. J’ai des frissons dans le dos quand j’entends cette langue que je parle avec une déconcertante facilité. Dés l’aéroport Fumicino à Rome, elle remonte à mes lèvres…

 

1965

Année faste par excellence, après 2 années d’un semi-exil à Firminy, je suis nommée dans un grand lycée technique lyonnais, à 20 ’à pieds de notre appartement tout neuf. J’ai épousé Jean-Claude Grosset le 3 avril 1965. Nous nous fréquentions depuis 2 ans, le temps de son service militaire à   Hagueneau, près de Strasbourg. En ce temps-là, le service militaire était obligatoire pour tous les garçons reconnus aptes physiquement. J’ai tout de suite été adoptée par ses parents et sa soeur, Michèle, qui a toujours été une petite soeur pour moi. La même année, le 8 décembre, notre bonheur s’est enrichi de la naissance d’un beau petit garçon que nous avons prénommé Jean-Philippe.  A Lyon, le 8 décembre est le jour de la Fête de la Virginité de la Vierge! La virginité s’étant démonétisée, le 8 décembre est devenu une fête populaire: les Lyonnais marchent dans les rues avec des amis puis ils vont dîner dans le vieux Lyon qui date du XVème siècle. C’est une soirée spéciale pour les habitants de cette ville, ils mettent des bougies sur les rebords de leurs fenêtres, ils ne manquent jamais de descendre dans la rue pour participer à la fête! Seule la maladie peut les priver de leur promenade dans la ville éclairée par les mille lampions déposés sur le rebord des fenêtres. C’est donc ce jour-là que mon fils aîné a pointé le bout de son nez…à…9h. du matin. Je me plais à croire que sa gentillesse extrême s’explique par sa date de naissance!

1970  fut aussi une grande année, celle de la naissance de notre deuxième fils. Quelle  fièrté quand le médecin accoucheur déclara, après avoir mis notre enfant sur la balance: “ 4kg 360!  Il y a longtemps que je n’ai pas mis au monde un aussi beau bébé! “

Notre fils Pierre-Olivier est beau, il a des yeux bleus frangés de cils noirs, de larges épaules, une silhouette élancée et une belle gaité dans le sourire.Notre fils aîné est beau aussi mais sa modestie est si grande que je n’ose l’écrire. En un mot, nous sommes très fiers de nos deux fils!

1972 fut aussi une date décisive pour moi et notre petite famille.

Jean-Claude ayant été accepté au Crédit Lyonnais, nous devons quitter Lyon pour la région parisienne. Dans un premier temps ce fut difficile, nous devions quitter nos familles, nos amis de La Jacobine, notre appartement acheté grâce à des économies drastiques…Dans les faits, ce fut un changement extraordinairement bénéfique. Mon Inspecteur Général avait apprécié mon enthousiasme auprès de mes élèves dans mon lycée technique. Il m’a donc soutenue lors de la commission qui, au ministère de l’Education Nationale, affecte les professeurs qui demandent leur mutation. A ma grande surprise et à celle de mon délégué syndical, je fut nommée à l’Ecole Normale de Saint Germain-en-Laye, poste prestigieux à l’époque. Sur le moment, je ne m’en suis pas vraiment rendu compte mais ce fut une chance immense. En effet, cette mutation m’avait placé dans un lieu qui correspondait parfaitement à mes compétences et ce furent 25 années de bonheur…Mes fils ont été scolarisés à l’Ecole annexe et une bienveillante directrice m’a autorisée à intégrer Jean-Claude dans mon atelier-théâtre. A Lyon, il avait passé le diplôme de Conseiller Jeunesse et sports en art dramatique, il  avait donc toutes les compétences pour m’aider à animer la troupe de théâtre de l’Ecole Normale. Ainsi est allée notre vie. Le matin, je conduisais Jean-Claude à la station de RER où il prenait le métro pour se rendre au Crédit Lyonnais et ,la main dans la main, mes fils et moi nous allions à l’Ecole Normale, eux à l’Ecole Annexe moi auprès des normaliennes. A l’époque les Ecoles Normales n’étaient pas mixtes! Oui! Ce fut une très belle période de ma vie!

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2 Commentaires

  1. Jacques

    12 mars 2018 à 13 h 02 min

    Il semble que tu regrettes l’époque où chacun des sexes mourront de leur côté ! Rappelons pour les plus jeunes que la mixité dans les écoles en France est une conséquence directe de mai 68 dont nous allons bientôt fêter le cinquantenaire. Toutefois les têtes pensantes de la rue de Grenelle ont estimé que le mixité pouvait avoir, chez les esprits mal tournés, une dimension licencieuse… ils ont inventé ce joli nom incompréhensible dont ils ont le secret de co-éducation !

    Répondre

    • C.Grosset

      1 avril 2018 à 9 h 07 min

      Merci pour ton commentaire, pti frère! Je te rappelle que j’ai débuté dans ce beau métier en…1962, à Firminy, donc 6 ans avant les évènements de 1968 que j’ai vécus dans mon lycée technique de Lyon donc bien loin de Nanterre! Hasard de la vie, je suis retournée à Nanterre pour préparer l’agrégation 25 ans après…le souvenir des agitateurs de 1968 s’était effacé des mémoires mais pas de certains murs….Je te souhaite: JOYEUSES PAQUES…bisous…CF

      Répondre

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